Lundi, l'inertie de Groupe ayant eu raison de notre ponctualité, notre trek de 7h débute à 8h...
Ce décalage d'une heure qui nous semble anecdotique sur le coup (cf photo), nous paraîtra beaucoup plus lourd de conséquence lorsque nous serons contraints d'évoluer à 11h sous un soleil de plomb.
La marche est agréable, le dénivelé est nul voire négatif (mais ne nous réjouissons pas, tout bon randonneur sait que dans un parcours en forme de boucle, un dénivelé négatif se paye toujours à un moment donné...).
Les paysages qui s'enchaînent sont tout simplement à couper le souffle.(cf photo)
Falaises, villages de huttes, vallées, roches rouges...
Après une marche assez éprouvante (surtout la dernière heure dans une zone sableuse et semi désertique sans la moindre parcelle d'ombre) la lucidité de la troupe vacille et Géraldine se prend pour une Malienne et porte sa gourde sur sa tête...
Arrivée au village de Yenduma.
En 3 mots: bienvenue au moyen âge.
Agrippé à la falaise, un village sans électricité, ni radio, ni tv, ni réseau de téléphone, ni route...
Un village constitué d'un tisserand, un forgeron, un vannier, une mosquée et un menuisier...
Déjeuner dans notre famille d'hébergement(sous un nuage de mouches) puis direction la marre de tourbe en bas du village pour une sieste sous un manguier (cf photo).
La tentation de se baigner est grande mais notre guide nous stoppe net: la marre est peuplée de caïmans qui ont infesté les points d'eau de la vallée depuis la rupture d'un barrage en aval en 2003.
Parce que oui, quelqu'un en haut lieu a apparemment décidé qu'une vallée désertique avec une température moyenne de 45°c, des cobras, des scorpions, et des moustiques c'était pas assez inhospitalier: on leur a mis des crocos dans les points d'eau. (cf photo)
J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à me retenir de poser la question qui à ce moment là me brûlait les lèvres: « Et malgré ça vous continuez à croire un Dieu? ».
Sieste donc, jeu d'Awalé avec des jeunes du village et baignade en amont dans une « rivière » pour Greg et Yann qui se sont laissés embarquer par des enfants. (cf photo)
Nous terminons la journée (d'une chaleur moite) par la visite des artisans du village et de la case à palabre (cf photo) qui domine le village et sa vallée: un point de vue splendide.
Diner et envie d'une seule chose: dormir.
Que Nenni!
Tout d'abord: les toilettes sont bouchées (ce qui pose rapidement un problème pour 9 occidentaux ayant un transit fragile et peu habitué à la nourriture Dogon).
Ensuite nous nous étonnons du nombre de personnes, surtout des femmes et des enfants, qui arrivent dans la cour de notre maison alors que nous terminons notre dîner.
Nous nous en étonnons auprès de notre guide, la sanction tombe: cette nuit, au pieds de la maison dont nous allons occuper le toit, va se dérouler un baptème traditionnel (chants, rires, instruments...).
Youpi, c'est pas comme si nous avions 17km dans les pattes et autant le lendemain, cette fois avec dénivelé et un réveil à 5h.
Nous adressons donc nos dernières louanges à l'inventeur de la boule quiès et dormons tant bien que mal jusqu'au (tout) petit matin.