samedi 27 juin 2009

La négociation la plus longue de la soirée la plus longue du jour le plus long.

Après s'être perdu une ou deux fois, nous arrivons à la maison.
Le proprio n'est pas là mais un jeune de notre âge nous fait visiter.
Un autre jeune renfrogné (qui se présente comme le chef) et un vieux (qui file directement dans le salon pour regarder la TV et nous laisse discuter à l'étage)arrivent.
Les conditions ont encore changé.
Chacun bute sur des détails et campe sur ses positions.
Abba qui nous accompagne sert d'interprète en langue Bambara et surtout d'intérmédiaire.
La négociation a débuté à 21h15, un accord sera trouvé à 23h45...
Greg dort sur un matelas depuis 22h30.
Yann a gardé la voiture d'Abba qui contient nos bagages et s'est lié d'amitié avec la moitié des jeunes du quartier qui aiment la France, Zidane, Céline Dion et Fifty Cent.
Alec a 23 de tension.
Je décide d'aller discuter avec le vieux qui m'a l'air moins neutre qu'il ne paraît.
Après 30 minutes de palabres (qui sont mes parents, d'où je viens, puis qui il est « Gagny », d'où il vient « Kayes Sud du Mali » où il vit « En France depuis 1966 dans le 77 près d'Orly » si il a des enfants « 12 de 2 femmes et ils sont âgés de 2 ans à 34 ans, l'aîné est sergent dans l'armée Française, les autres garçons sont tous installateurs de clim (un bon business pour revenir faire fortune à Bamako) ».
Il est le propriétaire de la maison.
Le vrai.
Il a même plusieurs maisons dans le quartier.
Le climat s'améliore, nous sortons le cash.
Le jeune casse bonbon sans aucun pouvoir qui se prend pour Scarface veut alors marquer une dernière fois son territoire et « n'a pas confiance en nos billets. »Il est près de minuit et il exige que nous allions ensemble trouver un commerce avec un détecteur de faux billets ouvert.
Alec manque de l'étrangler avec un chargeur de portable puis se ravise et s'exécute en compagnie d'Abba.
Greg dort.Je poursuis les palabres avec le vieux.
Alec revient, nous signons le bail, nous partons chercher à manger avec Abba.
Retour à la villa avec de la vache kiri, du poulet, des frites, nous dinons, épuisés, hagards, en regardant la redif de Pékin Express sur TV5 en compagnie du vieux (qui dort à la villa avec nous pendant 2 jours avant de repartir) et de quelques Maliens indéterminés qui ont apparemment la coutume (au grand damn d'Alec) de squatter la villa, la piscine et la tv...
La décision a été prise à l'unanimité: après le départ du vieux nous fermerons le portail a clé pour éviter les va et vient.
Nous partons nous coucher, fourbus.
Dernière mauvaise surprise au moment du coucher: pas de crochet au plafond pour les moustiquaires, la cuvette d'un des WC est cassée, une douche est bouchée, une autre refoule.
Nous prenons sur nous, douche dans une odeur de décharge et couché sous une moustiquaire branlante.
Et malgré cela une des nuits les plus délicieuse de notre vie...
Sauf pour Alec et Yann, qui après avoir veillé en travaillant sur le projet informatique, ont filé à 3h à l'aéroport pour tenter de récupérer leur valise.
Et là, ce qui devait arriver arriva: Yann, notre stagiaire zen a failli assassiner un douanier qui refusait de lui donner sa valise, enfin arrivée, parce qu'il voulait d'abord recompter tous les bagages.
D'après le témoignage d'Alec, la vision de 150 maliens (dont des douaniers et policiers) terrorisés par un frêle stagiaire Français en plein nervous breakdown pour cause de manque de sommeil et de douche depuis 48h valait le détour.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire